lundi 5 avril 2010
Retour vers le futur : 2 Avril 2007
Ici,on est loin de tout. L'absence de radio (de télévision aussi mais ça, ça n'est pas nouveau pour moi) renforce l'isolement. Pourtant l'inconscient poursuit son labeur ! Ce matin, dans la somnolence d'un jour de vacances, où l'on se laisse hésiter entre sommeil et veille, j'ai rêvé que j'étais à une réunion informelle, un pôt peut-être, dans un contexte de travail. Mais je ne sais pas dire : IUT, ECN. ? Je crois qu'il y avait là A., plus sûrement Y. qui jouait le maître d'école. On était là et on se disait pour qui on allait voter. je n'ai souvenir que d'une proposition, Ségolène forcément, qui recueillait pas mal de bras levés, une majorité, dont le mien, bien que, en mon for intérieur, je m'explique, je discute ma contradiction, comme quoi il n'était pas question que je vote Ségolène au premier tour. En sous-main, il se disait que je n'osais pas affirmer ce choix-là devant les autres... Comme la continuation de ma lâcheté atavique ?
M'est revenu aussi ce matin notre fin de ballade hier soir. En effet, nous nous sommes perdus, à mon initiative ! Perdus sous la pluie, il a bien fallu, à un moment, couper court à notre errance, due à une erreur d'appréciation des routes d'ici (il y en avait une de plus que celle de ma carte intérieure !). J'ai sonné à une maison où un homme nous a proposé de nous ramener : nous étions encore à un bon bout du but ! C'est un gersois venu ici goûter la fraîcheur, après huit ou neuf ans passés à l'ombre, quatre mois par an toutes fenêtres closes pour échapper au soleil ! Il nous a déposés au camping, gentiment, en nous disant que dans la situation inverse, nous aurions fait de même, l'accent en moins. Peut-être, j'espère. Ce que je veux dire à travers cette minuscule histoire, c'est que la vie ensemble commence là, que la politique donc commence là. C'est un truisme sauvage évidemment, mais je crois que nous avons toujours autant de mal à, non pas tracer une frontière, mais justement à établir une continuité de la sphère privée jusqu'à la sphère collective. Comme si nous naviguions toujours entre ces deux univers parallèles : l'un où les valeurs les plus simples (la relation la bonté, la confiance, la solidarité) sont de mise, l'autre où seul le rapport de force fait loi, où la vie n'est qu'antagonisme, affrontement. Il est vrai que le compromis que l'on peut atteindre dans une relation entre personnes est complètement dévoyé lorsque les enjeux de pouvoir, de domination, donc de mensonges, prennent la place. Au fond, la question est : peut-on faire de la politique à l'échelle d'une ville, d'une région, d'un pays, en s'appuyant sur les mêmes valeurs que celles que l'on vit dans une relation minuscule, comme celles entraperçues avec notre breton gersois !
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